Ce que j’aime particulièrement c’est m’évader. J’ai toujours aimé les voyages. Mais pour moi, ce ne sont pas juste des moments d’évasion, ce sont de véritables parenthèses pour me retrouver, me ressourcer, et poser un regard neuf sur ma vie. À chaque départ, je ressens cette excitation mêlée d’attentes : qu’est-ce que ce voyage va m’apporter cette fois ? Après une vie menée à cent à l’heure à Paris, ce voyage, l’an dernier, était plus qu’une simple escapade, c’était une nécessité. J’avais besoin de souffler, de retrouver cet équilibre souvent perdu dans l’agitation du quotidien.
Ces moments de décompression peuvent parfois tout changer. Des instants inattendus qui bouleversent nos certitudes et nous obligent à revoir nos priorités. Mon moment à moi est arrivé l’année dernière, à Bali.
Je venais d’arriver, encore en train de découvrir ce pays fascinant, une culture que je ne connaissais pas, et une langue qui m’était totalement étrangère. Je me sentais complètement déracinée, loin de tout ce qui m’était familier, et cette sensation d’être hors de ma zone de confort me fascinait autant qu’elle m’intimidait. Puis, tout a basculé.
J’étais à bord d’un bateau, savourant ce sentiment de liberté et d’évasion, quand un terrible accident en mer a littéralement bouleversé ma vie. Ce qui devait être une journée magique s’est transformé en cauchemar. J’ai subi de graves blessures et brûlures et me suis retrouvée hospitalisée, seule, dans un pays où je ne comprenais ni la langue ni les codes. Quinze jours de soins intensifs, totalement isolée. Pas de distractions, pas de connexions, pas de repères. Juste moi, face à moi-même.
Ces jours ont été parmi les plus éprouvants de ma vie. Mais dans ce silence imposé, quelque chose a commencé à émerger. Quand tout s’effondre autour de vous, vous êtes obligée de vous poser les bonnes questions. Qu’est-ce qui compte vraiment ? Qu’est-ce qui me définit quand le reste disparaît ?
Un jour, dans ce calme imposé, j’ai décidé de continuer à penser à notre projet et une évidence m’est apparue. J’ai pris mon téléphone et j’ai appelé Chahineze « on change tout ». Il fallait donner un nouveau sens à notre projet. aeslie ne pouvait plus être simplement une marque cosmétique : il fallait qu’elle porte une empreinte, qu’elle raconte une histoire, qu’elle incarne quelque chose de plus grand. Quelque chose qui vient de nous.
Quand je suis revenue de cette expérience, marquée par les opérations et les soins intensifs, une nouvelle routine s’est imposée à moi : revenir à l’essentiel. Chaque jour, je devais nourrir ma peau avec des gestes simples et des produits purs, en laissant de côté tout le superflu. C’est dans cette simplicité que j’ai appris à vraiment prendre soin de moi. Je n’avais jamais été aussi attentive à ma peau, et observer sa régénération jour après jour est devenu une véritable fascination. Ces moments de soin étaient comme un dialogue silencieux avec mon corps, une façon de me reconnecter avec lui et de lui redonner la force dont il avait besoin pour guérir.
Cet accident a été un tournant. Vraiment. Derrière la douleur et l’isolement, il m’a offert une clarté nouvelle. J’ai compris que ce qui est suffisant est nécessaire, et que la simplicité, souvent oubliée, est en réalité une richesse inestimable.
Aujourd’hui, aeslie n’est pas seulement un projet entrepreneurial. C’est une empreinte, un manifeste pour un mode de vie plus authentique. Avec Chahineze, nous avons voulu créer quelque chose qui reflète cette quête de simplicité, cette lumière que j’ai retrouvée au cœur de l’épreuve. aeslie est une invitation à se reconnecter à soi-même, à ses racines, et à ce qui est vraiment essentiel.
W. Co-fondatrice aeslie.